samedi 6 novembre 2010

En déambulant...

Le jus de la canne à sucre et le goût de la papaye
A travers le marché de Cayenne

Toute cette semaine, j'aurais attendu, avec une impatience proche de la déraison, de pouvoir repartir en forêt. Alors que je devais me lancer dimanche dans un périple long de 4 heures de routes puis 4 heures de pirogues, une bonne crise de fièvre m'a malheureusement et traitreusement ramené à une réalité que je n'apprécie guère...

Je suis bel et bien en Guyane et même si j'adore cet endroit, on peut y choper de belles saloperies!

Ainsi donc, me voilà cloué au lit pour deux jours avec 39 de fièvre et parfois quelques accès d'un délire que l'on pourrais qualifier de salvateur puisqu'il nous éloigne de la douleur diffuse que nos neurones sont parfois si promptes à créer.

La conclusion fut succincte et sans appel: une semaine sans forêt...

Autant dire une semaine à me languir à Cayenne.

Mais qu'à cela ne tienne, a défaut de se morfondre sur un sort somme toute pas si coquin que ça, j'ai pris le partie de visiter les rues de Cayenne de manière un peu plus approfondie.

Me voilà donc ce matin parti pour le marché de Cayenne, lieu hautement recommande par les guyanais de ma compagnie. Un peu maussade d'abord, puisque les marchés ne font pas forcément partie des choses que j'apprécie le plus, je me faufile dans les ruelles étroites formées aléatoirement par l'enchevêtrement des étals et échoppes qui jonchent les rues autour de la place schoelcher.

Je fus dans un premier temps frappé par la multitude ethnique que l'on pouvait trouver sur le marché. Puis, à la réflexion, je me suis dit que c'était bien normal au vue de l'histoire de ce département. Les guyanais sont d'ailleurs très à Cheval la dessus. Ne parlez surtout pas de la France... Dites la métropole. Car ils vous feront très vite comprendre dans un langage tout aussi fleuri que le jardin botanique de Cayenne, que vous vous méprenez sur le statut de leur département.

Tout autour des halles, dans les rues, se bousculent d'innombrables marchands de fruits et légumes, alors que dans le bâtiment se trouvent les échoppes plus importantes comme des boucheries ou des traiteurs asiatiques.

Sur les étals, sont regroupés toutes sortes de victuailles, connues ou moins connues, je découvre plusieurs sortes de bananes, de tailles et de couleurs différentes. Des papayes, des mangues. Des tomates, des carottes. Mais aussi des fruits que je ne connais pas. Des corossols, des caboves, et toutes sortes de plantes aux noms imprononçable. Alors je décide d'en acheter, et de gouter.

Mes achats effectués, je m'attarde en laissant mes yeux trainer dans le vague, mon nez prend le relais cette fois et je me laisse porter par les effluves des épices, du sucre. Aussi étrange que cela paraisse, l'odeur de sueur des gens alentour n'est même pas désagréable.

Puis je fais de nouveau attention à ce que mes yeux perçoivent. Je regarde les marchands, et voit une fois de plus la pluralité de ces personnes. Des créoles, des brésiliens, des Hmongs. Plusieurs ethnies réunies, concentrées sur un petit espaces.

Les Hmongs sont les cultivateurs de la Guyane. Venus d'Indonésie, ils ont recréé une communauté asiatique en plein cœur de la forêt amazonienne et ont le quasi monopole de l'agriculture sur le département.

Car avant, en effet, ils n'étaient pas les seuls a cultiver. Mais un fléau est passé par là et a empêché les créoles et les autochtones de continuer à cultiver leurs terres...

Ce fléau s'appelle le RMI...

Enfin en rentrant du marche, je m'installe confortablement et commence a déguster mes trouvailles.

Des petites bananes pas plus grosses qu'un doigt, au goût sucré et a la chair ferme.
Un chorée, sorte de gros pamplemousse sucré et très juteux.
La canne à sucre, que l'on mord à pleine dent pour en extraire le jus.
Et la papaye...

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