lundi 25 octobre 2010

1er jour

Quand le ciel se mêle à la terre
Mission harpie, départ

Alors que je voyage a plus de 800km/h, mon regard ne peut se défaire du spectacle qui s'offre a moi. La terre de France défile sous mes yeux, doucement, paisiblement... Les terres arables françaises ne semblent pas être ce qu'elles devraient... On m'a toujours appris que la culture intensive avait détruit les bocages, créant ainsi le lessivage des sols car l'eau n'était pas retenu. Mais ce que je vois par le hublot de l'avion est tout autre. Une multitude de parcelles bien délimitées, comme un tetris végétal, s'entremêlent en forme et en couleur. Constants dans leur irrégularités, ces petits bouts de champs montrent la nature telle qu'elle est, telle qu'elle devrait être partout ailleurs. Puis viennent se greffer des droites, des courbes, des formes géométriques qui, pour être pourtant bien connues paraissent étranges.

Peut être est ce ce que l'on appelle le retour a la nature, quand la construction de l'homme nous parait être l'aspect qui déforme la beauté de notre planète.

Puis la terre s'éclaircit, petit a petit les lambeaux de nuages mangent les domaines du père Marcel, puis celle de la mère Denise... Enfin, la terre n'est plus... Sans transition ou alors tout en douceur, je ne sais pas. Le plancher se mêle de vert, de brun et de blanc. Et comme un banc de sable lié a la boue, les nuages, de leur incroyable pureté, brillent...


Nantes... L'estuaire de la Loire se présente sous mes yeux cette fois c'est la mer qui se mêle au reste. Terre, ciel et mer réuni. Une ile, dont j'ignore le nom, est a moitié voilée par le blanc des nuages. La mer viens croquer les cotes... A moins que ce ne soit la terre qui vienne défier l'océan... Les frêles esquifs s'égayent au bord de la plage alors que les grands vaisseaux croisent a plusieurs encablures du port, attendant leur tour pour pouvoir décharger leurs soutes... Qu'en est il? Métal? Légumes? Engins?

Mon imagination vogue sur cette océan qui, vu d'ici, parait immobile et immuable, comme un tissus plissé que l'on n'a pas repasse. J'imagine des grands voiliers, un capitaine avec sa pipe et son tricorne hurle des ordres, le second se prends une baffe car les matelots ne vont pas assez vite, les soutes sont remplis d'or, d'épices et d'esclaves. Toutes les voiles sont dehors, et les marins sentent l'appel du port, des ses tavernes, de ses bordels. Une fois le bateau a quai, les soutes se déchargent, rapidement.
Bruits. Les fers des chevaux sur les paves claquent et résonnent, les hurlement du second recouvrent tout. Les mouettes piaillent au dessus du port, le souffle rauque des hommes a la peine rythme l'avancée des travaux.
Saveurs. L'iode remplit la bouche, le capitaine mords dans une miche de pain qu'un jeune mousse viens de lui amener. Le pain est frais, le goût de la levure et de la farine sur sa langue lui volent un sourire.
Frisson. Les hommes se touchent, se bousculent, et, peau contre peau, se frayent un chemin. Leur peau, moite de la transpiration procure cette sensation étrange qui la fait a la fois glisser et coller.
Odeurs. Les narines assaillies par les relents du port, de poisson, de bière et de rhum.

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