jeudi 9 décembre 2010

Le permis bateau

L'homme-enfant et la mer
L'infinie Liberté

Depuis que j'ai créé ce blog, j'essaye, autant que faire se peut, de vous faire découvrir et partager, à travers mes textes, ce que je vis et ce que je ressens. Avec plus ou moins de joie, avec plus ou moins de réussite, j'arrive à retranscrire tout ça, à trouver les mots qui me semblent les plus justes et qui me font vibrer.

Aujourd'hui, je le sais, l'exercice sera particulièrement difficile...

Aujourd'hui, j'ai découvert cette liberté qui m'appelle, cette liberté que je recherchais.
Aujourd'hui je passais mon permis bateau.

J'essaye de faire le point de toutes les sensations qui m'ont parcouru durant ces quelques heures, l'odeur iodée de la mer, le bruit des vagues, le vent et les embruns qui fouettaient les visages à mesure que nous prenions de la vitesse, la vitesse...

La mer et son immensité permettent de gouter à cette notion d'infinie qui nous échappe. J'ai ressenti une telle puissance à la barre de ce bateau, quand j'ai mis les gaz et que la proue du navire s'est levée, que mes compagnons et moi avant eu un pas de recul, surpris par l'accélération.

Une telle puissance, une telle liberté...

Et pourtant une humilité sans borne face aux éléments qui, à tout moment, peuvent nous rappeler que nous ne sommes que de vulgaires insectes face à l'océan.

La mer éveille les sens et aiguise les esprits. Chaque chose, je la vivais plus fort.
Chaque cri d'oiseau me semblait plus puissant, chaque parfum, chaque odeur était plus présent... Iode, poisson, feuille, terre, vase...
Je ressentais chaque vague venir claquer sur la coque du bateau alors que nous remontions la marée pour sortir en mer.
Comme si chacun de mes sens était le seul a fonctionner et qu'il ressentait au quintuple.
Puis alors que je me concentrais tour à tour sur chacun d'eux, les pièces du puzzle commencèrent à se mettre en place. Comme la grande horloge astronomique de la cathédrale de Strasbourg, je sentais chaque pièce, chaque sens prendre sa place dans un tout, tellement plus puissant que la somme de ses parties.

Longtemps j'ai cru que le vrai Plaisir était restreint, avait des limites.
Celles du corps et de l'amour d'une femme, explosion sensorielle dans l'amalgame des cinq sens que nous ressentons quand nous faisons l'amour.
Celles de la musique, de la cuisine, de la peinture, dans l'apogée d'un sens unique mis en exergue par le génie d'un artiste

Mais le Vrai Plaisir se devait d'être au delà de tout ça, au delà des sens, dans l'exquis paradoxe qui nous fait ressentir plus fort, juste pour se rendre compte que c'est bien plus que ça...

Et le Vrai Plaisir je l'ai trouvé... Là, en mer, à la barre d'un bateau...

Et si je peux toucher du doigt l'Infinie Liberté
Retrouver mon âme d'enfant, extatique
Et ne jamais cesser d'aimer
Et faire partager ces instants magiques...

Alors oui, peut être je serais un Homme

Mais, pour ne jamais perdre cet émerveillement,
Je veux rester un Homme-Enfant.

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